Home Sweet Home…ou presque.

Le 15 novembre 2013 je rentre à Paris, ville meurtrie, ville en deuil, qui compte ses morts, tente de ne pas céder à la peur et de se relever après les attaques du vendredi 13.

Ils ont attaqué le Stade de France, le Bataclan et les terrasses du 11ème. Ils ont tiré de façon froide et aléatoire sur les amis de nos amis, des enfants, des parents, des amoureux de la musique et de la culture… Ils ont tiré sur nous, ont brisé la paix et la dolce vita parisienne. Juste un instant, car comme nous l’indique la devise de la ville,le bateau est battu par les flots mais ne sombre pas. Fluctuat nec mergitur.

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L’effroi et le sang-froid. Entendre, essayer de comprendre, se sentir concerné, s’identifier à un détail, penser que ça aurait pu nous arriver, apprendre que c’est arrivé à l’un d’entre nous. Difficile de trouver du sens, de trouver le courage de continuer, de vivre encore plus intensément, de s’aimer plus, de rire plus. Recevoir des messages de soutien de nos amis inquiets aux quatre coins du monde, penser à ceux qui vivent dans ce type d’atmosphère de façon plus permanente et pour qui on s’est habitué au pire. Contrer les amalgames et les intolérances, se renseigner, discuter, partager…le cœur lourd de ne pouvoir faire plus.

Les larmes en lisant les témoignages des survivants, les lettres d’amour et d’adieu des proches des victimes qui sont passés du rire aux larmes et aux cris en quelques secondes seulement.

Silence et respect pour ces victimes collatérales d’une guerre qui se livre à des milliers de kilomètres de notre ville lumière. Empathie, compassion, solidarité pour ceux qui ont été touchés et ceux qui vont devoir gérer certaines conséquences d’actes qu’ils n’ont pas commis, pas seulement maintenant à l’heure où les médias ne parlent que de ça, mais toute leur vie.

Un peu plus à froid, d’un point de vue social, il faut que chacun prenne ses responsabilités, même si nous avons tous l’impression que la situation nous dépasse. Elle est entendu politique et militaire, mais elle également sociale. Nous pouvons tous participer à notre niveau à la création d’une atmosphère plus positive, moins déprimante et tenter d’inclure tous ceux qui font partie de notre entourage. Faire attention aux autres, écouter, discuter, partager, débattre et continuer de vivre nos vies avec un eu plus de vigilance. Dans mon métier par exemple, je souhaite mettre encore plus l’accent sur la diversité dans le recrutement et la partie accompagnement/coaching pour tenter de laisser le moins de gens possible sur le carreau, sans les clés qui leur permettront de gravir les échelons et les épreuves.

Cette attaque a profondément choqué car elle est arrivée près de chez nous, elle a brisé cette illusion que nous avions d’être en sécurité, de penser que ça n’arrive qu’aux autres.

Il ne s’agit pas d’être fière d’être française, il s’agit d’apprécier de vivre dans un pays libre où la diversité culturelle, l’art de vivre, la culture et l’esprit critique font partie d’un héritage qu’il va falloir consciemment protéger.

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