đ Aujourd’hui c’est Diwali – la fĂȘte des lumiĂšres qui Ă©quivaut au nouvel an hindou – et (rien Ă voir) Rishi Sunak est la premiĂšre personne de couleur Ă accĂ©der au poste de Premier Ministre au Royaume-Uni. C’est quand mĂȘme tout un symbole, quand on considĂšre le passĂ© colonial entre l’Inde et le Royaume-Uni. C’est comme si Marine Le Pen Ă©tait remplaçée par un.e français.e d’origine algĂ©rien.ne, c’est pas demain la veille. Ironie du sort, Rishi est mariĂ© Ă Akshata Murty, l’hĂ©ritiĂšre de l’empire Infosys, ce qui le place Ă la tĂȘte d’une fortune doublement plus importante que celle…du Roi Charles III ! #karmaisabitch
MĂȘme si Rishi est aussi le nom de mon cousin indien de Londres, je ne partage pas ses opinions politiques d’ancien banquier conservateur, son arrivĂ©e Ă Downing Street est un fait remarquable (Sunak, pas mon cousin), comparable Ă l’accession au poste de Vice-PrĂ©sidente des Ătats-Unis par Kamala Harris (qui est une femme afro-indo-amĂ©ricaine). Il semble que l’ascension de Rishi Sunak soit due Ă un programme de discrimination positive, la sĂ©lection A-list, mis en place au sein de son parti depuis quelques annĂ©es. Il est Ă©galement le Premier Ministre le plus jeune depuis 200 ans, et permet ainsi Ă sa femme d’ĂȘtre la premiĂšre First Lady indienne.
Au Royaume-Uni, la diapora du sous-continent indien se rĂ©jouissait dĂ©jĂ de l’Ă©lection de Sadiq Khan – d’origine pakistanaise – en tant que Maire de Londres. Bien entendu, cela n’empĂȘche pas une partie de la population d’ĂȘtre basiquement raciste, mais cela donne de l’espoir aux personnes de couleur ambitionnant d’intĂ©grer ces milieux et ces mĂ©tiers encore rĂ©servĂ©s Ă l’Ă©lite blanche, ultra-Ă©duquĂ©e et privilĂ©giĂ©e des nations.
En tant que Française d’origine indienne, je dois dire que je n’ai jamais eu de « role model » dans le paysage mĂ©diatique ou artistique français. On trouve bien quelques Mauricien.nes et RĂ©unionnais.es, cela du au passĂ© colonial (et avant ça Ă la fin de l’esclavage, oĂč les Noirs ont Ă©tĂ© remplacĂ©s par des travailleurs pauvres indiens dans ces rĂ©gions).
AprĂšs l’Ă©clair Satya Oblette dans la mode des annĂ©es 90’s et le succĂšs de la comĂ©die musicale phĂ©nomĂšne Bharati Ă partir de 2006, le Bollywood s’est imposĂ© comme un thĂšme rĂ©current des Ă©missions de tĂ©lĂ©. Le Festival de Cannes a Ă©galement ouvert ses frontiĂšres et des actrices indiennes ont dĂ©jĂ siĂ©gĂ© au prestigieux Jury. Depuis quelques annĂ©es, je vois des candidates indiennes sur TF1 grĂące Ă The Voice et ça me fait juste plaisir de voir des personnes qui me ressemblent un peu plus que Claire Chazal et CĂ©line Dion. Vikash Dhorasoo, ancien footballeur d’origine mauricienne, s’est lancĂ© dans la politique locale Ă Paris, en faveur de la culture et des sports. Un move engagĂ© cohĂ©rent.
Alors en cette fĂȘte de Diwali, cĂ©lĂ©brons le progrĂšs que reprĂ©sente l’accĂšs de Rishi Sunak Ă la tĂȘte d’un ancien empire colonial, et laissons-lui ensuite l’opportunitĂ© de faire je l’espĂšre un peu moins pire que ses prĂ©dĂ©cesseurs !
Allez Rishi, donât « throw away your shot ». Remember from Hamilton « immigrants, we get the job done ».

